Auteur du « Tsunami des véhicules électriques chinois ». Précédemment VP Finances et dirigeant de la Branche Transmissions de Valeo, directeur industriel du Groupe Alstom.
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Comment la Chine s'apprête à dominer le monde industriel et technologique
« Comment pouvons-nous réagir, s'il en est encore temps, dans un monde technologique et industriel où la suprématie de la Chine s'affirme chaque jour davantage ? »
Vingt-huit dirigeants, experts et institutions
Autour de Jacques Léger, une diversité rare d'expérience et de responsabilités : des industriels en exercice, des institutions publiques et professionnelles, des enseignants-chercheurs et cinq étudiants de grandes écoles. Tous ont fait le déplacement, tous ont contribué au dossier.
Sociétés représentées
Institutions
Écoles et universités
Chef de mission 1
Direction et accompagnement 3
Président d'Asia-Connect. Fondateur de X-PM et ancien président de KPMG Peat Marwick.
inProfil LinkedInConseil technologique et soutien aux investissements des entreprises. Précédemment chez Bouygues.
inProfil LinkedInEurasia Tours. Interprète français-chinois, organisateur de missions industrielles en Chine.
inProfil LinkedInIndustriels et experts 16
Chercheur à l'École Polytechnique. Précédemment chez Renault.
inProfil LinkedInCarrière chez Renault, Valeo et OPmobility.
inProfil LinkedInVice-Président XPO Logistics. Précédemment chez Caterpillar.
inProfil LinkedInConsultant industriel. Précédemment chez Renault.
inProfil LinkedInCo-fondateur de Verkor. Précédemment chez Renault, Tesla et Audi.
inProfil LinkedInDirecteur Général du Groupe Charles André. Précédemment chez Volvo Bus.
inProfil LinkedInValeo — R&D, engineering et marketing.
inProfil LinkedInFondateur de GMTEC, outsourcing commercial.
inProfil LinkedInPrécédemment Directeur Design Synergies de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.
inProfil LinkedInAssocié de Cetrac. Précédemment chez Airbus, Thales et Stellantis.
inProfil LinkedInSpécialiste des transmissions : ZF, GM, Getrag, Valeo.
inProfil LinkedInAsia-Connect et BCG. Précédemment chez Nissan et Renault.
inProfil LinkedInDistribution et réseaux automobiles. Co-auteur du document sur la distribution en Europe et en Chine.
inProfil LinkedInIndustriel, Valeo et Forvia.
inProfil LinkedInProfesseur-chercheur aux Arts et Métiers, docteur en robotique.
inProfil LinkedInAsia-Connect. Précédemment chez X-PM et BNP Paribas.
inProfil LinkedInInstitutions 3
Secrétaire national CFE-CGC — industrie, économie et numérique.
inProfil LinkedInCo-fondateur de La Fabrique de l'industrie.
inProfil LinkedInDirecteur du pôle expertise, Bpifrance.
inProfil LinkedInGrandes écoles 5
INSA Lyon.
inProfil LinkedInMines Nancy — ESSEC.
inProfil LinkedInESG Finance.
inProfil LinkedInMines Nancy. Rédacteur du dossier de communication.
inProfil LinkedInINSA Lyon — reporter de la mission.
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Comprendre, sur place, ce que peu d'observateurs européens ont vu
Aujourd'hui, le voile se lève et la Chine fait la une des médias.
Dans l'automobile, en une décennie, la Chine a inversé le rapport de force : sur son propre marché, les constructeurs occidentaux sont passés de 64 % à 35 % de parts de marché, les constructeurs chinois de 36 % à 65 %. Et le véhicule électrique n'est que la première vague. Derrière l'automobile — la première industrie du pays — le même modèle se déploie déjà : batteries, électronique de puissance, conduite autonome, robotique humanoïde, mobilité aérienne.
Pendant ce temps, l'industrie française est tombée de 30 % à moins de 10 % du PIB. Constater le retard ne suffit plus, pas plus que dresser des barrières tarifaires ou non ; il faut comprendre comment la Chine a pris le dessus industriel et technologique, pour sensibiliser puis agir en premier lieu sur le terrain des entreprises, tant qu'il reste des positions à défendre et des marchés à prendre.
C'est le sens de la mission FCVE-2026 : investiguer sur place, ce que peu d'observateurs européens ont vu et compris. Vingt-huit participants, dix jours, des visites et rencontres professionnelles d'exception — et un dossier qui restitue les observations des participants sans sensationnalisme ni procès d'intention, pour préparer la réaction.
BYD, premier fabricant mondial de véhicules à énergies nouvelles — électriques et hybrides rechargeables — et Huawei, fournisseur « Tier 0.5 ».
XPeng, une voiture toutes les 90 secondes, et CATL, numéro un mondial des batteries.
Geely, Leapmotor partenaire de Stellantis, parc robotique des Six Dragons et conférence internationale de l'innovation.
Usine Xiaomi de la taille d'une ville, sortie de terre en 14 mois, salon automobile de Pékin, Club Detion — réseau de 50 000 PME chinoises — et entretien avec M. SHI Jianhua de la commission nationale du développement et de la réforme.
Les 10 points forts de la Chine dans l'automobile
Dix constats observés sur place et documentés, sur lesquels tous les membres de la mission s'accordent. Le texte ci-dessous est celui du dossier, sans coupe.
La Chine associe une coopération entre tous les acteurs nationaux — pour créer « un potentiel de situation chinois unique au monde » — puis une concurrence sauvage pour en profiter
Le système politique est l'association d'un régime « directiviste mais collaboratif » pour préparer l'offre nationale (planification) et d'un régime « libéraliste » pour laisser les entrepreneurs exploiter le potentiel national au mieux de leurs intérêts, dans un climat de concurrence intensive.
En Occident, c'est libéralisme ou dirigisme ; en Chine, ce sont les deux, mais à des moments différents. Aucun autre pays n'y est parvenu à cette échelle.
La Chine a créé son écosystème à l'échelle nationale
La Chine optimise à son échelle nationale… alors que, dans le monde entier, on se limite (modèle Toyota) à des écosystèmes optimisés au niveau de l'entreprise élargie (avec ses fournisseurs).
Cet écosystème est une addition : planification et feuilles de route technologiques nationales ; mise en commun de tout ce qui n'est pas différenciant ; réglementation organisatrice ; vitesse d'exécution ; implication des géants du numérique et des fournisseurs « Tier 0.5 » ; aides publiques fortes et ciblées ; zones économiques spéciales dédiées à une filière ; contrôle des matières stratégiques et domination des secteurs clés, à commencer par la batterie ; continuité des dirigeants ; masse d'ingénieurs ; infrastructures ultra-modernes ; robotisation ; civisme et ambition collective ; monnaie faible.
C'est une révolution difficile à copier en Occident, où le droit de la concurrence interdit ce type d'entente et où l'intérêt particulier passe avant l'intérêt national.
Les « zones économiques spéciales » se comptent par milliers et permettent de concentrer la production d'un même produit pour pousser l'effet d'expérience à son maximum
Ces zones, de 100 à 2 000 km² pour les grandes villes, offrent des infrastructures ultra-modernes et des avantages fiscaux et sociaux ; la densité d'entreprises y entretient une concurrence permanente.
Personne au monde ne peut plus faire concurrence à la Chine dans ce domaine, faute de concentration équivalente possible.
Reproduire un tel effet de concentration hors de Chine supposerait des zones comparables — rien de tel en Europe aujourd'hui, où la production se disperse vers l'Europe de l'Est, l'Espagne, la Turquie ou le Maroc.
La Chine, c'est 20 fois la France en population, mais plus de 50 fois la France en heures travaillées productives
Dans cet écart, la durée du travail compte pour 20 %, et la part de la population qui travaille pour 80 % (55 % de productifs en Chine, contre 28 % en France).
À cette force de travail s'ajoutent les robots : la moitié de ceux qui s'installent chaque année dans le monde le sont en Chine.
La vitesse d'exécution est ahurissante : pour le développement automobile, c'est deux fois plus vite et trois fois moins cher
La Chine développe ainsi 6 voitures pour le même budget et dans le même temps qu'un constructeur européen qui en développe une seule.
L'idée est d'arriver le premier sur un marché et d'en prendre assez (au moins 50 %) pour devenir « irrattrapable ».
La Chine donne priorité à la croissance plutôt qu'à la rentabilité pour tous les marchés de substitution (automobiles électriques)… quand, à l'inverse, les Occidentaux privilégient la rentabilité à la croissance.
La finance est au service de la stratégie de croissance, et non l'inverse : BYD trouve des moyens financiers qu'il ne trouverait pas en Occident, quand des groupes occidentaux dont l'avenir est menacé continuent de verser des dividendes.
La Chine a une avance considérable et préméditée pour les batteries
Anticipant les « ambitions occidentales de décarbonation », la Chine a engagé de longue date son plan pour prendre l'avantage : énergies renouvelables, batteries et matériaux stratégiques, contrôle de nombreuses mines dans le monde, quasi-totalité des capacités de raffinage mondiales, maîtrise de toutes les technologies de batteries (NMC, LFP, sodium, tout-solide). Et surtout la maîtrise de l'industrialisation, après dix à quinze ans de mise au point financés par l'État ou les provinces — un problème que les Européens découvrent aujourd'hui.
La formation d'ingénieurs et de scientifiques en masse fait partie du plan — les scientifiques sont valorisés par la société
La Chine forme deux fois plus d'étudiants dans les disciplines scientifiques que les États-Unis et l'Europe réunis.
Si l'on tient compte du nombre, de la vitesse et de la mise en commun des savoir-faire au niveau national (à comparer au chacun-pour-soi occidental), la puissance de feu des ingénieurs chinois est considérable.
Cette ambition nationale, nous l'avons retrouvée chez tous nos interlocuteurs.
Il s'agit de retrouver la supériorité technique que la Chine a exercée sur le monde pendant des siècles… et qu'elle a perdue à partir des traités inégaux du XIXe siècle.
L'innovation foisonne — les ingénieurs chinois remettent tout en cause
Nous avons assisté à des revues de projets sur les fonctions : direction (roues qui tournent à ± 90°), suspensions nouvelles, freinage plus efficace et silencieux, voiture autonome, affichage lumineux, interfaces numériques, sièges zéro gravité, cockpit intelligent, charge ultra-rapide, haute tension…
Logiciels innovants, moteurs électriques, LiDAR, IA, conduite autonome : ces briques sont disponibles pour tous, start-up comprises.
On inonde le marché (avec 500 modèles). En 2024, 54 modèles chinois visaient Tesla ; en 2026, la cible prioritaire est le haut de gamme allemand… 50 % à 60 % moins cher.
Le soutien financier de l'État, des provinces et des villes est énorme, afin de créer des emplois et des exportations.
La Chine développe un « soft power » puissant dans les pays du Sud, en Asie et jusqu'en Occident : entrée dans la Formule 1, vitrines de robots humanoïdes.
Les constructeurs chinois maîtrisent toutes les motorisations des véhicules électrifiés — hybride rechargeable, prolongateur d'autonomie, 100 % électrique (PHEV, EREV, BEV)… ce qui n'est pas encore le cas en Occident.
Les fournisseurs « Tier 0.5 » proposent une plateforme complète (avec batterie, moteurs électriques, électronique, logiciel, essieux, suspensions…) : il ne vous reste plus qu'à faire la carrosserie et à installer des sièges.
Les constructeurs chinois produisent des équipements complémentaires à l'automobile, en s'appuyant sur les mêmes technologies de base
Les constructeurs chinois ne s'arrêtent pas à l'automobile : ils développent et produisent des « produits complémentaires », à forte croissance, qui reposent sur les mêmes briques de mécatronique que le véhicule électrique.
Il s'agit du photovoltaïque, des robots humanoïdes, d'engins volants à décollage et atterrissage verticaux, de satellites pour maîtriser leur propre communication, etc. Le but est de mieux rentabiliser la R&D sur les technologies de base et de créer des marchés à très fortes marges, pour se permettre des prix de vente plus compétitifs sur l'automobile et en accélérer la croissance mondiale.
L'offre de services s'élargit d'autant : intégrée à son écosystème et à ses partenaires, l'automobile devient elle-même une plateforme — la conduite autonome en est une autre.
Le financement n'est jamais un obstacle
En Chine (comme aux États-Unis), trouver un financement n'est pas un problème pour un entrepreneur. Mais les solutions sont différentes.
En Chine, l'entrepreneur trouvera une multitude d'aides auprès de sa ville, de sa province et de l'État central — et ceci d'autant plus que son projet est en ligne avec le plan de développement de la nation.
Terrain gratuit, mise à disposition des locaux par la ville, prêts à taux zéro pour les équipements, prêts à long terme, crédits des fournisseurs — lesquels pourront se refinancer à bon compte auprès des banques locales, etc.
Quelle différence avec les méthodes occidentales !
Six documents de la mission, en accès direct
Rédigés par les membres de la mission — avant le départ pour les analyses, sur place pour les entretiens. Le téléchargement est immédiat une fois votre compte ouvert.
Entretien avec M. SHI Jianhua
Compte-rendu de la rencontre du 25 avril 2026 à Pékin : le volet automobile du 15ᵉ plan quinquennal présenté en avant-première, et ce que l'expert de la commission a reconnu des faiblesses du modèle. 26 pages.
Points forts0102 Ouvrir un compte et télécharger →Les zones économiques spéciales
Histoire et fonctionnement des zones économiques spéciales, effet de concentration et courbe d'expérience — et ce qu'il faudrait pour les reproduire en Europe. 18 pages.
Points forts03 Ouvrir un compte et télécharger →Les ressources humaines face au défi chinois
Par Marc Alochet, chercheur à l'École Polytechnique : l'enseignement supérieur chinois, la masse d'ingénieurs formés et la préparation des ressources humaines. 20 pages.
Points forts040708 Ouvrir un compte et télécharger →La vitesse d'exécution
Cycles de développement, tenue des délais, priorité donnée à la croissance sur la rentabilité : comment la vitesse est devenue une arme industrielle. 20 pages.
Points forts05 Ouvrir un compte et télécharger →Batteries : technologies et industrialisation
Les deux livrets réunis : les technologies de batteries d'une part, l'industrialisation et le verrouillage de la chaîne de matériaux d'autre part. 55 pages.
Points forts06 Ouvrir un compte et télécharger →Financement, prix de revient et aides publiques
Comment un projet aligné sur le plan national trouve terrain, locaux, prêts à taux zéro et crédits fournisseurs — et pourquoi la rentabilité n'est exigée qu'après. 33 pages.
Points forts10 Ouvrir un compte et télécharger →Le même modèle se déploie dans l'ensemble des secteurs industriels et technologiques
Le constat part de l'automobile, première industrie du pays et terrain le plus lisible. Mais il est destiné à être enrichi : ce qu'il décrit — la zone spécialisée, la sélection organisée, la vitesse d'exécution, le financement patient — n'a rien de spécifiquement automobile.
Votre secteur est-il concerné ? C'est la discussion que nous cherchons à ouvrir.
Les enseignements à tirer de la domination chinoise pour la France, l'Europe et l'ensemble du monde occidental appartiennent à chacun. Nous serons heureux de connaître vos positions et d'échanger sur ce que vous percevez comme devant être, aujourd'hui, nos priorités d'action.
Nous intervenons volontiers, et nous écoutons aussi
Que vous représentiez un média, une institution, une association professionnelle, une école ou une société industrielle ou de service, vous pouvez donner à voir le basculement en cours, diffuser et débattre des enseignements applicables à votre domaine.
Une restitution devant vos équipes, votre comité de direction ou vos adhérents.
Une table ronde avec plusieurs membres de la mission, sur un thème choisi avec vous.
Pour la presse et les médias : accès aux participants selon leur spécialité.
Six documents de la mission, téléchargeables dès l'ouverture d'un compte.
Contacter les responsables de la mission
Jacques Léger, chef de mission, et chacun des membres individuels et institutionnels. Précisez votre projet : vous serez mis en relation avec le ou les membres concernés.